Université et collèges

Fondée en 1229, l'Université de Toulouse est l'une des plus anciennes d'Europe. C'est son enseignement en droit qui fit sa réputation, une spécialisation qui dura jusqu'au XIXème siècle et attira de prestigieux humanistes... Un proverbe du XVIème siècle illustre sa renommée : « Paris pour voir, Lyon pour avoir, Bordeaux pour dispendre et Toulouse pour apprendre. »

Précisons d'emblée que bien que l'Université de Toulouse revendique le rang de deuxième plus vieille université de France après celle de Paris, l'Université de Montpellier lui conteste l'antériorité car si elle ne fut fondée officiellement qu'en 1289, c'est dès 1220 qu'elle fut reconnue par le pape dans la continuité d'une école de médecine prééxistante déjà bien établie. Tout dépend donc des critères retenus, d'autant qu'à cette époque Montpellier n'était pas encore une ville française...

Des débuts placés sous le parrainage du pape

C'est au cardinal de Saint-Ange Romano Bonaventura, légat du pape pour la croisade royale en Languedoc en 1226, puis précepteur du jeune roi Louis IX et conseiller de la régente Blanche de Castille, que l'on doit la rédaction du traité de Meaux-Paris qui entérina en 1229 la soumission du comte de Toulouse à la Couronne de France au sortir de la croisade des albigeois. L'un des articles de ce traité procédait à la création d'une université à Toulouse, pensée comme l'une des armes de la papauté pour lutter contre l'hérésie cathare que l'Eglise catholique tentait d'extirper de la région. Cette participation essentielle du cardinal de Saint-Ange, et à travers lui du pape Grégoire IX, fit de l'Université toulousaine un cas particulier en Europe en ce qu'elle fut la première université directement créée par la volonté papale.

Instituée en studium generale, forme alors la plus prestigieuse d'université, l'Université de Toulouse devait bien évidemment donner un enseignement de théologie pour lutter efficacement contre l'hérésie, lequel était complété par un enseignement des arts libéraux, de grammaire, et de droit. Et très vite, ce fut précisément en droit que se distingua l'Université de Toulouse.

Le parrainage du pape avait beaucoup d'avantages, il impliquait que les diplômes de l'Université toulousaine étaient reconnus dans toute la Chrétienté (certaines universités attendirent longtemps un tel privilège), mais surtout que le pape soutenait les efforts de l'Université pour s'implanter et prospérer, soutien sans doute bien nécessaire au début pour une université créée ex nihilo.

Ainsi en 1233 une bulle de Grégoire IX, désireux de promouvoir la nouvelle université qu'il avait portée sur les fonts baptismaux, autorisait les maîtres de l'Université de Toulouse à pouvoir enseigner dans n'importe quel studium (école ou université) sans passer d'examen préalable. Ce privilège papal jusqu'alors inédit, appelé jus ubique docendi, fut vite envié et recherché par les autres universités d'Europe. Même les universités les plus anciennes et réputées telles Bologne ou Paris, qui snobèrent au début cette distinction papale car leurs professeurs bénéficiaient de fait et par tradition de cet avantage, en vinrent finalement à la réclamer.

Des bulles papales dotèrent ensuite l'université toulousaine des mêmes statuts et privilèges que l'Université de Paris : la bulle Parens scientiarum qui règlementait depuis 1231 l'Université de Paris s'appliqua en 1245 à celle de Toulouse. En 1245 également, une bulle d'Innocent IV interdit l'exportation des vivres par la Garonne en cas de disette, de crainte que l'Université ne disparût par manque de ressources. La même année encore, une autre bulle priait le comte, les consuls et le peuple de Toulouse de continuer d'accorder toujours la même bienveillance à l'Université.

Pour attirer élèves et professeurs, le grammairien Jean de Garlande appelé à Toulouse à la naissance de l'Université adressa une lettre à toutes les universités (alors bien peu nombreuses puisqu'on n'en comptait pas même une dizaine en Europe) afin d'encourager ceux qui désireraient la rejoindre : « à Toulouse, les maîtres enseignent avec plus de soin ; les livres interdits sont étudiés ; le droit civil est admis ; les médecins commentent Galien ; les conditions de travail sont excellentes ; la sécurité de l'endroit est assurée par le comte ; même le climat est tempéré... ».

Mais cette fragilité des débuts ne dura pas et l'Université gagna ensuite en assurance, confortée par son rayonnement national et même européen. Ainsi lorsqu'en 1533 François Ier vint à Toulouse, l'Université dédaigna de se joindre aux Capitouls pour le recevoir, estimant qu'elle formait un corps assez puissant pour faire au roi une réception séparée. En 1631, le recteur prétendait à la préséance sur l'archevêque et le chancelier, en invoquant les bulles de fondation de l'Université, son rôle politique dans les affaires du royaume (il était arrivé que ses régents soient consultés en tant qu'experts sur des sujets de droit touchant les intérêts du royaume), la place importante qu'elle avait occupée aux conciles de Bâle, Constance et Ferrare, ses rapports avec le roi de France, etc...

Tout au long du XIVème siècle, alors que la papauté avait quitté Rome pour Avignon et qu'une lignée de papes issus du sud de la France avait pris place sur le trône de saint Pierre, l'Université toulousaine fut pour la curie avignonnaise un gros vivier de juristes maîtrisant le droit romain et parlant la langue d'oc. De nombreux cardinaux et même quelques papes furent issus de ses rangs en tant qu'étudiants ou/et enseignants : Urbain V, Innocent VI et Jean XXII.

Au XVème siècle la papauté s'en étant retournée à Rome c'est le Parlement de Toulouse - qui avait compétence à sa création en 1443 sur tous les territoires français de langue d'oc - qui constitua alors le débouché principal pour ses diplômés.

La faculté de théologie quant à elle, qui rappelons-le avait été à l'origine de la création de l'Université, n'avait pas disparu et compta au XVIIème siècle parmi ses élèves deux futurs saints : Vincent de Paul et Jean-François Régis.




Les collèges

Comme ce fut souvent le cas pour les universités médiévales, et contrairement à notre époque, il n'existait alors pas de bâtiment spécifiquement construit pour accueillir les salles de cours. Les professeurs louaient généralement des salles où ils dispensaient leur enseignement à des élèves peu nombreux. Souvent l'enseignement était donné par des religieux qui utilisaient alors une salle de leur couvent. De ce fait il n'existe pas à Toulouse de bâtiment médiéval complètement dédié à l'enseignement de l'Université (les premiers n'apparaîtront qu'au début du XVIème siècle). Le monument qui se rapproche le plus d'une notion de "siège historique" est le couvent des Jacobins, qui accueillait les assemblées (alternativement avec le couvent des Cordeliers) et dont le clocher abritait la cloche unique de l'Université qui sonnait la reprise des cours. Toutefois son rôle et son symbolisme dépassèrent largement le cadre de l'Université, il s'avère donc que les plus anciens bâtiments spécifiquement liés à l'Université de Toulouse sont des collèges, établissements destinés à l'hébergement des étudiants que l'on retrouve dans la plupart des villes universitaires médiévales.

Mais remontons à l'origine de ces collèges : dès les débuts de l'Université les étudiants, dont un certain nombre issus de l'aristocratie ou de la haute bourgeoisie disposaient de protecteurs haut placés, furent placés sous la protection de l'archevêque et du roi. En découlait un sentiment d'impunité vis à vis des autorités locales à l'origine de plusieurs troubles ayant défrayé la chronique : en 1331 par exemple l'étudiant Aymeri Bérenger mutila un capitoul, son emprisonnement puis son exécution furent jugés illégaux et cette crise conduisit à rien moins que la suspension du capitoulat par le roi ! Suspension provisoire car les Toulousains tenaient à leur institution et rachetèrent au prix fort ce droit au roi, toujours à court d'argent.

Devant l'exaspération du peuple toulousain à l'encontre de ces étudiants tumultueux il convenait de pacifier la situation. Sous l'impulsion notamment de prélats avignonnais, le même modèle qu'à Paris fut appliqué : de riches donateurs fondèrent des collèges, souvent destinés aux étudiants de leur région, et subvinrent aux besoins des étudiants à condition qu'ils en respectent les règles. Ces collèges fournissaient le gîte, le couvert, parfois une bibliothèque (ce qui n'était pas rien à une époque où l'imprimerie n'existait pas) mais n'assuraient que rarement les cours eux-mêmes. Parmi ces collèges, un fut particulièrement notable : le collège saint Martial, situé à l'emplacement actuel du grand hôtel de l'Opéra, fut fondé et financé en 1359 par le pape Innocent VI, ancien étudiant de l'Université de Toulouse. Cet exemple donné par le pape entraîna plusieurs grands prélats à faire de même, et la deuxième moitié du XIVème siècle fut riche en création de grands collèges.

Cela ne suffit toutefois pas à calmer complètement les turbulents étudiants. Les combats à l'épée étaient fréquents, les morts pas rares, et les étudiants se groupaient par "nations" pour se soutenir : Languedociens, Français, Espagnols, Bretons, Normands... Au XVIème siècle Rabelais y fit séjourner son Pantagruel qui y « apprit fort bien à danser et à jouer de l'épée à deux bras ». Certains étudiants appréciaient tellement leur statut qu'ils le faisaient durer autant que possible, sans pour autant se montrer les plus assidus aux cours. Un commentateur a ainsi pu dire au sujet du collège de Pampelune : « De dicto collegio processerunt plures scientifici et plures ignorantes », du dit collège sont sortis de nombreux savants et de nombreux ignorants !

Plus d'une vingtaine de ces collèges furent fondés à l'époque médiévale dans le quartier latin de Toulouse, "le bourg" autour de la basilique Saint-Sernin, il n'en reste de nos jours qu'une poignée et leur affectation a bien évidemment changé. Faisons donc un petit tour photographique de ces "survivants".


Répartition géographique des collèges survivants :

La répartition des collèges


Le collège de l'Esquile

Il est actuellement séparé en deux parties avec cour, la première rue du Taur et la deuxième rue des Lois et rue de l'Esquile.

Créé en 1417, il a été "refondé" et reconstruit vers 1550 en absorbant 8 vieux collèges. Au 69 rue du Taur se trouve le portail Renaissance de ce collège, réalisé par Nicolas Bachelier en 1556.

Le bossage rustique un-sur-deux évoque la solidité et une ancienneté vénérable, son traitement vermiculé renvoie aux sophistications de l'architecte du roi Pierre Lescot. L'architrave et les claveaux qui l'interrompent sont inspirés de compositions du Livre extraordinaire de Sebastiano Serlio, sans toutefois en copier une particulièrement.
Le collège de l'Esquile

La frise est décorée de blasons de Capitouls (martelés à la Révolution) et de chutes de rubans tenues par des masques grimaçants. Plus haut, l'attique est scandé de termes enroulés inspirés d'un modèle bellifontain d'Androuet du Cerceau. Les cartouches accueillaient initialement les blasons du collège, de la ville et de la province. Un édicule dorique couronne le tout, y trônaient les armoiries fleurdelisées, la couronne royale et le grand collier de l'ordre de Saint-Michel. Tout au sommet, trois croissants de lune renvoient à l'emblème d'Henri II.
Le collège de l'Esquile

Tous ces raffinements ornementaux évoquaient savamment l'ancienneté, l'autorité et l'instruction.
Le collège de l'Esquile

Le collège de l'Esquile

Rue des Lois et rue de l'Esquile, deux beaux portails de brique et de pierre donnent accès à une vaste cour centrale arborée. Ce premier portail date de 1702 :
Le collège de l'Esquile

Le collège de l'Esquile

Le collège de l'Esquile

Le collège de l'Esquile

Le deuxième portail, du XXème siècle, a été bâti dans le style de son voisin de 1702 :
Le collège de l'Esquile

Les arcades de la cour datent de 1678 :
Le collège de l'Esquile

Le collège de l'Esquile

Le collège de l'Esquile

Le collège de l'Esquile

Le collège de l'Esquile

Le collège de l'Esquile

L'escalier de 1750 :
Le collège de l'Esquile

Ce cartouche de 1583 célèbre probablement une étape importante dans la vie du collège :
Le collège de l'Esquile


Le collège de Périgord

Egalement situé rue du Taur ce collège date du XIVème siècle avec une partie, la tour Maurand, du XIIème siècle. Il fut fondé en 1360 par Hélie de Talleyrand-Périgord, évêque de Limoges, dont l'influence était si grande au sein de l'Eglise qu'on l'a qualifié de "grand faiseur de papes". Les façades sur la vaste cour furent refaites au début du XIXème siècle, à l'exception toutefois d'une partie ayant conservé une galerie en bois d'origine. Le portail du début du XXème siècle est une réplique de celui Renaissance du collège de l'Esquile situé en face, rappelant la destination commune de ces deux collèges universitaires.

Le collège de Périgord

Le collège de Périgord

Le collège de Périgord

Le collège de Périgord

Le collège de Périgord

Le collège de Périgord

La galerie en bois du XIVème siècle :

Le collège de Périgord

La rue du Taur devant le collège de Périgord avec, presque face à face, les portails de Périgord (à gauche) et de l'Esquile (à droite) :
La rue du Taur

Le collège de Périgord


Le collège Saint-Raymond

Ce bâtiment qui abrite de nos jours le Musée des Antiques et ses belles collections romaines a commencé par être un hôpital du XIème siècle, voisin et contemporain de la basilique Saint-Sernin dont il était une dépendance, et initialement destiné aux pauvres et aux pèlerins faisant le chemin de Compostelle par la Via tolosane. Il doit son nom à son fondateur, saint Raymond Gayrard, chanoine de Saint-Sernin. Dès 1233 sa destination changea et il devint l'un des tout premiers collèges toulousains, réservé aux étudiants pauvres. Le beau bâtiment actuel date de 1523, il est l'oeuvre de Louis Privat (architecte également de la cour Renaissance de l'hôtel de Bernuy quelques années plus tard), et ses façades furent partiellement restaurées par Viollet-le-Duc au XIXème siècle (le toit également a dû être rehaussé car il n'est plus au niveau des gargouilles).

Le collège Saint-Raymond

Le collège Saint-Raymond

Le collège Saint-Raymond

Le collège Saint-Raymond

Le collège Saint-Raymond

Le collège Saint-Raymond

Le collège Saint-Raymond

Le collège Saint-Raymond

Le collège Saint-Raymond

Le collège Saint-Raymond

Le collège Saint-Raymond

Le collège Saint-Raymond

Le collège Saint-Raymond

Le collège Saint-Raymond


Le collège de Foix

Ce collège fut fondé en 1457 par l'archevêque de Toulouse Pierre de Foix.

Le plus grand bâtiment est d'origine (XVème siècle), à l'exception d'un dernier étage de mirandes ajouté au XVIIème siècle. Il est appelé "le donjon" ou encore "le dôme" mais ce sont des surnoms peu usités par les Toulousains, et ce d'autant moins qu'ils évoquent également d'autres monuments toulousains plus connus. C'est à l'excellence du travail du maître-maçon Jean Constantin, également auteur de la flèche de Saint-Sernin et de la voûte de Saint Nicolas, que ce bâtiment doit d'avoir pu traverser les siècles.

Le collège de Foix

Le collège de Foix

Le collège de Foix

La chapelle n'a pas de caractère remarquable, autrefois son espace était occupé par les cuisines au rez-de-chaussée et la bibliothèque du collège à l'étage. Fameuse bibliothèque d'ailleurs qui appartenait au cardinal Pierre de Foix, dont le fonds très riche fut racheté pour une bouchée de pain par Colbert puis reversé à la BNF :
Le collège de Foix

Voûte peinte :
Le collège de Foix

Le collège de Foix

Voilà le jardin qui se cache derrière ce mur de la rue des Lois qui doit intriguer plus d'un passant :
Le collège de Foix

L'ancien cloître :
Le collège de Foix

Le collège de Foix

Le collège de Foix

Le collège de Foix

Les bâtiments sont aujourd'hui la propriété des religieuses de Notre Dame de la Compassion, congrégation féminine fondée à toulouse en 1817 par le père Garrigou.
Le collège de Foix




Les bâtiments d'enseignement

Au tout début de l'Université l'enseignement était dispensé par des religieux, notamment les dominicains. Le couvent des Jacobins, bien qu'alors au tout début de sa construction, pourrait ainsi être considéré chronologiquement comme le premier lieu d'enseignement de l'Université. Son clocher reçut la cloche unique de l'Université qui sonnait la reprise des cours.

Un autre bâtiment historique est l'hôtel de Bernuy (XVIème siècle). Pendant deux siècles (de 1566 à 1762) les jésuites l'utilisèrent pour y dispenser leur enseignement en droit, ils y formèrent de nombreux parlementaires.

Toutefois aucun de ces deux prestigieux bâtiments historiques n'avait pour vocation d'origine de dispenser l'enseignement, c'est pourquoi vous trouverez leur description dans les rubriques "Les édifices religieux" pour l'un et "Les hôtels particuliers" pour l'autre.

Les autres bâtiments historiques d'enseignement ayant survécu jusqu'à nos jours ne datent que de la deuxième moitié du XIXème siècle.


Les Jacobins

Le couvent des Jacobins


Le Collège jésuite

En 1566, dix ans après la mort de Jean de Bernuy, l'hôtel de Bernuy et des parcelles voisines furent rachetés par les trois capitouls Pierre Delpech, Pierre Madron et Jean de Gamoy pour être donnés à la Ville et y installer un collège jésuite.

Outre l'hôtel de Bernuy lui-même (mais bâti pour un tout autre propos), il subsiste du Collège jésuite un grand portail de style Renaissance édifié en 1604, dont Rodin lui-même avait dans des dessins souligné le travail. Le décor sculpté dans la pierre porte les blasons des huit capitouls de l'année ainsi que les doubles blasons de France-Navarre à gauche et de Toulouse-Languedoc à droite.

Contrairement aux collèges médiévaux ce collège jésuite assurait l'enseignement des élèves lui-même, il ne faisait donc pas administrativement partie de l'Université toulousaine mais s'autorisa cependant au XVIIème siècle à délivrer des diplômes en son nom, ce qui provoqua un procès avec l'Université que le Parlement trancha en faveur de cette dernière. Devenu ensuite le collège de Fermat, il assure une fonction d'enseignement depuis 450 ans.

Le collège jésuite

Le collège jésuite

Le collège jésuite

Le collège jésuite

Le collège jésuite

Le collège jésuite

Le collège jésuite

Le collège jésuite

Le collège jésuite


Les bâtiments des facultés de droit et des lettres

C'est à ce même emplacement que furent construites les premières salles de cours propres à l'Université, vers 1520, suite à un arrêt du Parlement obligeant les capitouls à financer leur construction. En 1540 elles furent brûlées par une émeute d'étudiants, et les capitouls les firent reconstruire avec tant de magnificience qu'ils les trouvaient "les plus belles écoles de la chrétienté". Mais deux siècles plus tard le temps a fait son oeuvre et les voilà "ruinées", les archives montrent que les capitouls rechignent alors à financer seuls leur reconstruction.

Les bâtiments actuels datant de la fin du XIXème siècle sont donc bâtis sur un emplacement historique de l'Université.

Faculté de droit

Faculté de droit

Faculté de droit

Faculté de droit

Faculté de droit

Faculté de droit

Faculté de droit

Faculté de droit


La cité des sciences sur les allées Jules Guesde

C'est à la fin du XIXème siècle que la vocation scientifique de Toulouse commença à s'affirmer. Sous l'impulsion de Jean Jaurés notamment (alors adjoint au maire) des locaux flambant neufs furent inaugurés en 1891 sur les allées pour abriter la faculté des sciences puis celle de médecine et de pharmacie. C'est dans ces locaux que travailla et enseigna Paul Sabatier, prix nobel de chimie en 1912, qui donna une impulsion décisive à l'enseignement scientifique toulousain. Dès 1920 les étudiants en science étaient deux fois plus nombreux que ceux en droit, malgré sa modernité la faculté des sciences allait vite être à l'étroit dans ces locaux et se voir obligée de déménager sur le campus de Rangueil.

L'ancienne faculté de médecine et de pharmacie :
Faculté des sciences

Faculté des sciences

Faculté des sciences

L'ancienne annexe de la faculté de pharmacie (un peu plus tardive : 1er quart du XXème siècle) :
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Récemment rénovées pour former le nouveau "Quai des savoirs", l'ancienne faculté des sciences et son annexe :
Faculté des sciences

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L'annexe ouverte en 1903 :
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Avec les lettres UT entrecroisées (pour Université de Toulouse) :
Faculté des sciences

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La Manufacture des Tabacs

S'il y avait eu une rubrique sur les bâtiments industriels la manufacture des tabacs y aurait évidemment été plus à sa place. Mais faute d'une telle rubrique je choisis de vous la montrer dans celle-ci, ma mince justification tenant à son rattachement récent à l'Université de Toulouse et à l'excellence de son enseignement sanctionnée en 2014 par le prix nobel d'économie de Jean Tirole. Toutefois ne boudons pas notre plaisir, c'est un beau bâtiment dont l'époque de construction (1888 à 1893) est semblable à celle de la faculté des sciences vue ci-dessus, on ne s'étonnera donc pas d'y retrouver un air de ressemblance architecturale.

Avant son installation à cet endroit entre canal de Brienne et Garonne elle était située depuis la première moitié du XIXème siècle près de la Daurade dans ce qui est maintenant l'école des Beaux Arts.

En importance elle fut la deuxième manufacture des tabacs de France, comptant prés de 2000 ouvriers à son apogée (souvent des femmes). Elle arrêta son activité en 1979.

Notez sur la façade la répétition du monogramme MT (pour Manufacture des Tabacs) semblable au monogramme UT vu sur le bâtiment précédent :
Faculté des sciences

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Toute la manufacture est faite d'une intéressante composition de briques jaunes et rouges :
Faculté des sciences

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Documents d'archives relatant des faits historiques

En 2010 a été rééditée la thèse pour le doctorat de René Gadave, écrite en 1910, et dont le sujet était "Les documents sur l'histoire de l'Université de Toulouse et spécialement de sa faculté de droit civil et canonique".

Elle liste et résume en quelques mots les documents recensés par l'auteur dans les nombreuses et diverses archives à Toulouse, à Paris, au Vatican, et retrace l'histoire de l'Université à travers les documents officiels y afférent.

Des faits importants y sont relatés : souvent graves, parfois cocasses (l'un n'excluant pas l'autre à nos yeux modernes), ils retracent les luttes de pouvoir qui se sont jouées autour de l'Université toulousaine, jalouse des privilèges que lui conférait son origine à la fois pontificale et royale : exemption de tailles (impôts et taxes), questions de préséance, indépendance par rapport à la justice locale... autant de privilèges qui furent le ferment de conflits ou de rivalités avec les autorités locales, tout en entretenant une étroite interdépendance avec elles.

Jusqu'au milieu du XVème siècle et la création du Parlement de Toulouse, ce furent surtout les bulles papales et les lettres royales qui régentèrent la vie de l'Université. Par la suite le Parlement sembla prendre la main, mais lui aussi dut composer avec les privilèges de l'Université, et c'est sans doute en vain qu'au XVIème siècle on le vit s'unir avec les Capitouls pour réitérer des dizaines de fois l'interdiction des assemblées illicites et du port d'arme aux écoliers.

J'ai sélectionné ici quelques références qui m'ont semblé intéressantes, en privilégiant un peu arbitrairement les faits divers qui dessinent par petites touches le tableau de l'histoire riche et mouvementée de l'Université et de son intégration dans la ville.


  • 12 avril 1229 - Traité de Paris mettant fin à la guerre des albigeois et créant l'Université de Toulouse dans l'article par lequel Louis IX impose au comte Raymond VII l'entretien à Toulouse d'un certain nombre de professeurs.
  • 30 avril 1233 - Bulle de Grégoire IX confirmant la fondation de l'Université de Toulouse et lui concédant les mêmes privilèges qu'à celle de Paris : taxation des logements des écoliers par deux clercs et deux laïques, dispense de résidence aux bénéficiers, privilèges de juridiction (les écoliers ne sont pas soumis aux juges laïques), injonction au comte de Toulouse de payer aux maîtres les salaires promis.
  • 20 juillet 1233 - Bulle de Grégoire IX adressée au roi de France pour qu'il oblige le comte de Toulouse à ne pas soutenir la révolte de Marseille et à payer aux maîtres de l'Université les salaires par lui promis.
  • 3 avril 1234 - Bulle de Grégoire IX mandant à l'évêque de Paris que le privilège pour l'Université de Toulouse de délivrer des diplômes et donner licence d'enseigner ne nuira pas à l'Université de Paris.
  • 1238 - Supplique du comte de Toulouse au pape Grégoire IX : il demande la levée de l'excommunication par lui encourue pour refus de paiement des salaires promis aux maîtres de l'Université.
  • 4 février 1239 - Lettre de plusieurs maîtres de l'Université de Toulouse à l'évêque Guidon, légat du pape, déclarant que le comte de Toulouse leur a payé les salaires promis.
  • 11 septembre 1245 - Bulle d'Innocent IV interdisant l'exportation des vivres par la Garonne en cas de disette, de crainte que, par manque de ressources, l'Université ne disparaisse.
  • 19 septembre 1245 - Bulle d'Innocent IV aux comte, consuls et peuple de Toulouse les priant de continuer d'accorder toujours la même bienveillance à l'Université.
  • 22 septembre 1245 - Bulle d'Innocent IV appliquant à l'Université de Toulouse la bulle Parens scientiarum, adressée par Grégoire IX à l'Université de Paris ; elle règlemente les pouvoirs du chancelier, la collation des grades, les vêtements des écoliers, la juridiction de l'évêque et les pénalités qu'il peut infliger [...], elle interdit de porter des armes, de corrompre le chancelier par de l'argent, etc...
  • 28 mai 1251 - Consultation des jurisconsultes, maîtres en droit à l'Université de Toulouse, sur la validité du testament de Raymond VII.
  • 27 avril 1265 - Bulle de Clément IV accordant des indulgences aux écoliers de l'Université à raison de la messe qu'ils font célébrer tous les dimanches en l'honneur de la Vierge Marie dans l'église des Frères Prêcheurs.
  • 5 mai 1292 - Lettre de Philippe le Bel interdisant aux Capitouls d'emprisonner, torturer et jeter la nuit dans la Garonne les clercs et écoliers justiciables de l'évêque.
  • 23 avril 1301 - Statut du chapitre général de Cluny interdisant aux moines de cet ordre d'étudier le droit canon ailleurs qu'à Orléans, Toulouse ou Montpellier sans autorisation spéciale du chapitre.
  • 27 juin 1303 - Lettre de créance de Philippe le Bel chargeant deux envoyés d'expliquer aux religieux et officiers de Toulouse sa querelle avec Boniface VIII.
  • Juillet 1303 - Lettre de l'Université de Toulouse à Philippe le Bel déclarant qu'elle donne son assentiment à la réunion du concile contre Boniface VIII.
  • 23 février 1324 - Lettre de Charles IV mettant sous la sauvegarde royale les docteurs et écoliers de l'Université de Toulouse, chargeant le sénéchal de les protéger contre toutes injures et violences et déclarant qu'ils seront soustraits à la juridiction des Capitouls et relèveront de la juridiction ecclésiastique.
  • 1329 - Statuts du pape Jean XXII portant réformation de l'Université de Toulouse ; il interdit les congrégations d'écoliers, fixe les jours de fête où les cours vaqueront, règlemente les banquets et fêtes avec tambours et trompettes aux réceptions d'examens, réglemente les lectures, les stationnaires ou libraires de l'Université, les vêtements des écoliers, les aumônes aux écoliers pauvres, les pénalités, le temps d'études, etc...
  • Avril 1332 - Procès criminel de l'écolier Aymeri Bérenger devant la juridiction des Capitouls. Acte d'accusation contenant le récit de l'agression contre le capitoul François de Gaure, par Aymeri Bérenger et autres. Comparution de Bérenger et de Peyrot de Penne. Déposition des chirurgiens. Sentence condamnant Bérenger à avoir le poing droit coupé, à être attaché à la queue d'un cheval et traîné jusqu'aux fourches de justice, où il aura la tête tranchée et où son corps sera exposé.
  • 18 juillet 1332 - Bref de Jean XXII mandant au doyen de l'église d'Angoulême d'intervenir entre l'Université et les Capitouls touchant la satisfaction demandée par l'Université dans l'affaire Béranger.
  • 18 juillet 1332 - Bref de Jean XXII rapportant l'agression, la condamnation et l'exécution d'Aymeri Bérenger ; le pape invoque l'affection qu'il porte à la ville de Toulouse, où il a vécu dans sa jeunesse, pour exhorter les Capitouls à donner à l'Université et à l'Eglise les satisfactions qui leur sont dues.
  • 2 août 1332 - requête des Capitouls à Bertrand de Saint-Geniès, professeur de droit, doyen d'Angoulême, chapelain du pape ; ils se défendent des accusations portées contre eux dans l'affaire Bérenger et contenues dans les lettres apostoliques.
  • 30 octobre 1332 - Bulle de Jean XXII mandant à l'archevêque de Narbonne d'informer dans l'affaire Béranger et de relever les Capitouls de leur excommunication.
  • 7 novembre 1332 - Bulle de Jean XXII ordonnant à l'archevêque de Narbonne, sur appel par les Capitouls d'une sentence de l'official, de faire une enquête pour savoir si, au moment de sa condamnation, Aymeri Bérenger relevait de la juridiction séculière ou ecclésiastique.
  • 18 juillet 1335 - Arrêt du Parlement de Paris dans le procès entre la ville de Toulouse et les défenseurs d'Aymeri Bérenger : il déclare que les Capitouls avaient été incompétents pour juger l'affaire ; le corps sera retiré des fourches patibulaires et rendu à ses amis ; il recevra la sépulture ecclésiastique ; la ville fondera une chapelle dotée de 40 livres de rente pour le repos de son âme ; elle fournira 4000 livres de dommages à ses parents et amis, et sera privée du droit de former corps et communauté ; ses biens seront confisqués.
  • 5 décembre 1335 - Articles de l'engagement pris au nom de la ville de Toulouse pour le rétablissement du capitoulat après l'affaire Béranger : la ville paiera 50000 livres tournois, déduction faite des 4000 livres déjà payées, et le capitoulat sera rétabli avec tous ses privilèges ; mais les commissaires du roi pourront modifier le nombre des Capitouls et détermineront leur mode d'élection ; il y aura amnistie générale et remise des peines.
  • 5 janvier 1336 - Procès-verbal de la transaction entre la ville et les commissaires du roi dans l'affaire Béranger : il fixe le nombre des Capitouls, leurs pouvoirs et privilèges et leur mode d'élection.
  • 10 février 1336 - Mandement de Philippe VI au trésorier de Toulouse à la suite d'un accord avec la ville dans l'affaire Béranger : le roi réduit à 16000 livres la somme due par la ville et permet le payement en cinq termes.
  • 18 novembre 1337 - Bulle de Benoît XII interdisant à certains écoliers de l'Université de Toulouse d'user de violences envers leurs condisciples pour les obliger à suivre certains cours ou à élire certains docteurs qui ont leur préférence, sous peine d'être déclarés inhabiles à obtenir des bénéfices ecclésiastiques ou de perdre les fruits de bénéfices qu'ils pourraient avoir déjà.
  • 2 novembre 1346 - L'Université se joint aux Capitouls pour déclarer à Philippe VI que la somme de 12000 livres accordée par le prince Jean, fils du roi, pour les travaux de défense de la ville est insuffisante Le roi permet de lever une taxe de 4 deniers par livre sur toutes les denrées vendues ou achetées en ville.
  • 1374 - Statuts de l'Université interdisant aux étudiants de faire festin et "mener les hautbois" à l'occasion du baccalauréat et interdisant aux professeurs de les accompagner en ville.
  • 5 mars 1405 - Bulle de Benoît XIII mandant au chancelier de l'église de Toulouse et au recteur de l'Université de faire respecter les statuts et règlements, afin de mettre fin aux dissentions entre les professeurs de l'Université appartenant aux divers ordres des Prêcheurs, Mineurs, Ermites de Saint-Augustin et Carmes.
  • 30 juillet 1407 - Statuts établis par le chancelier Chatard Aycardi, professeur en décrets, et le recteur Jean de Gauran, utriusque juris doctor, sur le costume des étudiants. Il interdit les vêtements trop luxueux et efféminés, ainsi que les vêtements malpropres ou indécents ; il détermine leur prix, leur coupe, la quantité d'étoffe à employer, la forme des manches, du capuchon, etc...
  • 1er octobre 1410 - Statut établi par le recteur Bernard Calveti et les professeurs sur la dépense que peuvent faire les bacheliers, licenciés et docteurs nouvellement reçus, et sur ce qu'ils doivent payer aux mimes et joueurs de trompette.
  • 7 juin 1420 - Lettre du "régent", dauphin de Viennois, à l'Université de Toulouse, lui demandant d'envoyer des députés à Clermont, à l'assemblée réunie, sur la demande du pape, pour prendre conseil au sujet des libertés de l'Eglise de France.
  • 12 novembre 1427 - Procès intenté par l'Université de Toulouse à Etienne de Nogaret, capitoul, et plusieurs autres Capitouls et habitants de Toulouse ; pour saisir le prieur de Saint-Criq qui soutenait les Anglais, les Capitouls avaient envahi le collège de Narbonne, tué un écolier et blessé un autre ; l'Université n'ayant pas obtenu justice du juge mage porta l'affaire devant le Parlement de Béziers. (NDLR : le premier Parlement de Toulouse ayant existé de 1420 à 1428 avait été transféré à Béziers en 1425 à cause de la peste qui sévissait à Toulouse.)
  • 10 octobre 1431 - Lettre du pape Eugène IV à Guillaume de Laudun, archevêque de Toulouse. Ayant appris l'usage détestable obligeant des bacheliers en canon et civil qui veulent être promus au doctorat d'offrir aux docteurs qui les interrogent ainsi qu'aux bedeaux divers présents, vin, torches de cire, confiseries, etc... ainsi que des vêtements précieux au docteur qui leur confère les insignes du doctorat, le pape interdit à l'avenir de tels abus sous peine d'excommunication.
  • 24 avril 1436 - Note du recteur Bonaldi relatant une procession solennelle faite par l'Université à l'occasion de la reprise de Paris par Charles VII, de la mort du comte de Foix et de l'établissement de la fête de saint Raymond.
  • 12 octobre 1437 - Bulle d'Eugène IV demandant à l'Université de Toulouse d'envoyer des députés au concile de Ferrare.
  • 1438 - Lettre de Charles VII à l'Université de Toulouse lui demandant d'envoyer des députés à Bourges pour discuter des libertés de l'Eglise de France.
  • Mars 1443 - Lettres patentes de Charles VII rétablissant les Capitouls en l'exercice de la justice criminelle et ratifiant les lettres de février 1435 à suite de l'opposition du syndic de l'Université, qui soutenait que les Capitouls n'avaient pas le droit d'arrêter les étudiants clercs ou laïques et les suppôts de l'Université.
  • 8 juin 1456 - Extrait des doléances des Etats de Languedoc concernant l'abus que certains écoliers, vrais ou faux, faisaient des privilèges de l'Université.
  • 13 septembre 1470 - Arrêt du Parlement (NDLR : Parlement de Toulouse désormais), entre les docteurs régents et les écoliers, portant règlement général pour l'Université de Toulouse : il détermine les droits à payer en vue des grades, interdit aux recteur et chancelier de faire des statuts, aux professeurs de vendre les chaires, règlemente l'ordre des lectures par les docteurs, les élections aux chaires, les élections des bacheliers conseillers, les vêtements des étudiants, etc...
  • 13 mai 1473 - Arrêt du Parlement refusant de rétablir dans les immunités de l'Eglise trois étudiants accusés de meurtre et les renvoyant, comme clercs, devant la juridiction ecclésiastique.
  • 20 mai 1473 - Arrêt du Parlement condamnant lesdits étudiants à diverses amendes, avec défense à l'archevêque de les délivrer avant paiement, sous menace de payer lui-même par saisie de son temporel.
  • Novembre-décembre 1493 - Arrêts du Parlement enjoignant aux Capitouls d'interdire aux étudiants le port d'armes et les assemblées illicites ; même injonction sera faite par deux conseillers aux recteur et docteurs régents ; ils ordonneront aux Frêres Prêcheurs de bien garder la cloche de l'Université qui est en l'église de leur couvent et d'empêcher qu'elle sonne le tocsin.
  • 7 septembre 1499 - Arrêt du Parlement en exécution des lettres patentes des 22 mai et 21 août 1499 portant règlement d'attributions entre l'abbé de Saint-Sernin, l'archevêque de Toulouse, le sénéchal et le viguier, qui se prétendent conservateurs et sous-conservateurs des privilèges de l'Université de Toulouse et déterminant les pouvoirs de chacun pour le jugement des affaires concernant les écoliers et suppôts.
  • 21-27 octobre 1502 - Délibération des Etats de Languedoc : on continuera les doléances commencées contre les écoliers qui vexent continuellement les sujets du roi par intempestives censures et fulminations sans prendre lettres "de pareatis" ou visa des officiaux ; ils font afficher de nuit leurs lettres aux portes des églises et châteaux et par ce moyen tirent les habitants du pays hors du royaume. Notre Saint-Père le Pape sera requis de députer certains prélats pour pourvoir à de telles vexations.
  • 13-21 novembre 1503 - Délibération des Etats de Languedoc : ils se plaignent que, à la suite de la mort récente de deux papes, il n'y ait pas eu de bulle touchant les abus et vexations des écoliers des Universités de Valence, Avignon, Montpellier et Toulouse. Il est décidé que les prélats feront diligence pour y remédier et présenteront un rapport aux Etats prochains.
  • 8 avril 1510 - Arrêt du Parlement interdisant aux sénéchaux, juge mage et autres, de distribuer aucun procès aux régents en droit pour ne les point distraire des lectures en l'Université de Toulouse.
  • 17 janvier 1515 - Arrêt du Parlement ordonnant aux Capitouls de faire bâtir six écoles dans la rue Valade, trois pour lire le droit canon et trois pour lire le droit civil.
  • 12 mai 1518 - Arrêt du Parlement enjoignant aux Capitouls, à peine de 1000 livres, d'exécuter l'arrêt du 19 janvier 1516 qui les oblige à construire six écoles pour l'enseignement du droit canon et du droit civil.
  • 15 septembre 1519 - Arrêt du Parlement interdisant aux écoliers de l'Université de Toulouse de porter des armes et de former des assemblées illicites. (NDLR : Il y aura ensuite quantité d'arrêts semblables dont je ne rendrai pas nécessairement compte vu leur nombre, signe sans doute qu'ils n'étaient guère suivis d'effets et que cette population d'écoliers était bien difficile à contrôler.)
  • 30 avril 1520 - Arrêt du Parlement ordonnant aux Capitouls de continuer l'enquête contre certains prétendus écoliers catalans, arrêtés "pour aucun maléfices concernant nostre foy", avec défense de les mettre en liberté sans autorisation de la cour.
  • 22 novembre 1520 - Arrêt du Parlement ordonnant aux Capitouls de continuer et d'achever la construction des écoles de droit. (NDLR : ces écoles, achevées peu après, furent les premiers bâtiments spécifiquement construits pour l'Université de Toulouse et son enseignement.)
  • 1er mars 1521 - Ordonnance des Capitouls interdisant le port d'armes aux habitants de Toulouse et spécialement aux écoliers. (NDLR : là aussi bien d'autres ordonnances de ce type suivront, que je ne citerai pas toutes.)
  • 3 novembre 1522 - Mandement de François Ier au Parlement, au sénéchal et aux Capitouls de Toulouse, pour cotiser tous les habitants, même privilégiés, même les docteurs régents de l'Université, pour des levées de troupes.
  • 25 novembre 1524 - Arrêt du Parlement interdisant aux écoliers de porter des armes, d'avoir des habits dissolus et de troubler les docteurs régents en leurs lectures, à peine de prison et de bannissement du royaume.
  • 4 juillet 1528 - Lettres patentes de François Ier confirmant les privilèges de l'Université en matière d'exemption de tailles et interdisant d'exécuter les cotisations faites contre elle par les Capitouls, avec l'autorisation du Parlement pour la levée de 24000 livres destinées aux fortifications de la ville.
  • 22 novembre 1529 - Délibération du Conseil de ville de Toulouse votant une contribution pour la rançon du roi ; l'Université refuse d'y participer.
  • 23 juin 1531 - Arrêt du Parlement supprimant les assemblées de "nations", avec interdiction aux écoliers d'en former de nouvelles à peine de bannissement et de confiscation des biens.
  • 25 août 1531 - Arrêt du Grand Conseil du roi condamnant le syndic des Capitouls aux dépens de l'éxécution faite sur les biens de Pierre Daffis et Jean de Boissonné, régents en la Faculté de droit, au sujet de la taxe des hôpitaux et les déclarant exempts de cette taxe.
  • 28 janvier 1533 - Arrêt du Parlement ordonnant aux Capitouls de veiller à la police de la ville, après intervention du sénéchal réclamant la mise en liberté du capitaine et des gens du guet qui avaient tué l'écolier Jean d'Albi, alors que, pris dans une rixe, celui-ci demandait la vie sauve au capitaine et lui rendait les armes ; la Cour leur enjoint de nommer un autre capitaine, de protéger les écoliers contre leurs logeurs, d'interdire la vente ou la location des armes ; elle ordonne aux docteurs régents de continuer leurs lectures à peine de suspension.
  • 15 juin 1533 - Délibération du Conseil de ville décidant d'imposer 50000 livres pour les frais de la réception de François Ier ; l'Université, par l'intermédiaire de Jean de Paco et Pierre Daffis, docteurs régents, déclare qu'elle fera sa réception séparément et refuse de participer aux frais faits par la ville.
  • 9 juillet 1533 - Délibération des Capitouls rejetant la requête de l'Université qui refuse de contribuer aux frais de la réception de François Ier.
  • 26 juillet 1533 - Procès verbal de la séance du Consistoire où sont admis maîtres Berbiguier et Blanchardi, docteurs régents, et Olive, bedeau, pour régler l'ordre de marche à l'entrée du roi ; l'Université désire que le recteur soit le personnage placé le plus près du roi ; on décide par provision que l'Université viendra aussitôt après le clergé ; le sénéchal ordonne aux régents d'obéir à cet ordre et défend au bedeau de dresser acte de la délibération ; les deux régents obtiennent cependant acte du greffier du Consistoire pour dégager leur responsabilité devant l'Université.
  • 1er août 1533 - Lettres patentes de François Ier confirmant les privilèges de l'Université et lui donnant pouvoir de créer des chevaliers ès lois.
  • 1er août 1533 - Relation de la visite de François Ier à l'Université de Toulouse : Blaise d'Auriol, régent en droit, est créé chevalier ès lois en présence du roi.
  • 21 février 1534 - Arrêt du Grand Conseil du roi, donné sur le rapport du commissaire Guy de Breslay, annulant les cotisations établies par les Capitouls sur les régents et suppôts de l'Université, à l'occasion de l'entrée de François Ier à Toulouse, avec recréance des sommes induement perçues.
  • 29 avril 1534 - arrêt du Conseil du roi admettant l'appel des régents de l'Université contre les Capitouls, annulant les taxes et impositions mises à leur charge et interdisant aux Capitouls de prendre contre eux des exécutions réelles à peine de 100 marcs d'or.
  • 13 juin 1534 - Déclaration du roi décidant que les docteurs et suppôts de l'Université de Toulouse seront cotisés pour les frais de son entrée.
  • 20 juin 1534 - Série de commandements faits contre les Capitouls Filhol, Idrac, etc..., à la requête des docteurs régents, en exécution d'un arrêt du Conseil les exemptant de toute taxe ; les Capitouls invoquent les lettres patentes du 13 juin 1534 et déclarent que, malgré tout arrêt contraire, la cotisation sortira son plein effet ; saisie est faite de pièces de drap chez chacun des Capitouls.
  • Mars 1535 - Dépositions de témoins sur la rixe survenue entre deux cents écoliers et les gens du guet qui accompagnaient un capitoul, un sous-viguier et divers autres gens de justice lors de la prise au corps du baron de Bénac aux Etudes.
  • 18 juin 1535 - Edit de François Ier révoquant l'exemption de tailles accordée aux officiers du Parlement et aux docteurs régents de l'Université de Toulouse par Louis XI et Charles VIII.
  • 9 juillet 1535 - Procès-verbal d'excès commis aux Etudes : les Capitouls, accompagnés du guet, ayant voulu dissoudre les nations de Français, Normands, Limousins, Périgourdins, Provençaux, Gascons, Navarrais et Bretons, ont été assaillis par des écoliers et des gentilhommes qui avaient suivi le roi de Navarre au collège de Foix ; une deuxième attaque est dirigée contre le guet, et le sénéchal, accompagné des seigneurs de Panat, Bénac, Fourqueveaux, etc..., soutient les écoliers ; les gens du guet furent blessés et "deux furent deschiquetez comme la chair d'une bête brutte et depuis en sont trespassez" ; le sénéchal interdit aux Capitouls de faire enquête et de connaître l'affaire. Le Conseil de ville décide de poursuivre les délinquants en dommages et de défendre contre le sénéchal.
  • 2 juin 1536 - Lettres patentes de François Ier ordonnant au Parlement de Toulouse de donner au plus tôt une sanction aux excès et violences commis par les gens du guet contre les écoliers lors de la prise au corps du baron de Bénac et faisant le récit détaillé de cette affaire. Au bas des lettres est la requête des régents de l'Université demandant qu'elles soient jointes au procès.
  • 8 juin 1536 - Texte de huit articles dressés à Lyon pour mettre fin aux procès pendants au Grand Conseil entre les Capitouls et l'Université ; les régents seront exempts de toutes tailles, sauf pour rançons ou entrées de rois, réparation aux fortifications de la ville, frais de vivres au cas de disette ; un bénéfice de 800 livres sera attaché à la chapelle de l'Université et la ville donnera 600 livres pour son compte ; les Capitouls surveilleront la répartition des 800 livres entre les docteurs régents, et, moyennant ces avantages, les officiers et suppôts de l'Université payeront les charges personnelles.
  • 6 juillet 1536 - arrêt du Parlement sur la rixe entre les écoliers et les gens du guet : le sieur Goffre, sergent du guet, est condamné à faire le tour accoutumé par les rues et carrefours, porté sur un tombereau et la corde au cou, et à être pendu devant les Ecoles ; les sieurs Faure, sergent, et Augier, lieutenant du viguier, à être fustigés jusqu'au sang, à la confisquation des biens après distraction de 2000 livres au profit de l'Université et au bannissement perpétuel ; même condamnation contre les sieurs Mazelier, capitaine du guet ; Jehan de Cevron, sous-viguier, et Pessignon ; mais ils sont en outre condamnés par contumace à avoir la tête tranchée sur la place Saint-Georges et le corps coupé en quartiers ; avec les sommes adjugées, il sera construit près des Ecoles une chapelle où l'on dira tous les jours une messe pour l'âme de Me Ramond Talhac et où une plaque de marbre sera apposée reproduisant le présent arrêté ; le reste de la somme sera distribué aux écoliers qui ont été blessés et aux héritiers de ceux qui ont été tués.
  • Avril 1540 - A la suite d'une agression commise par l'écolier Salvat, le Parlement ordonna que son épée serait clouée à la porte des écoles ; le sénéchal et les Capitouls exécutèrent l'arrêt, mais les écoliers déclouèrent l'épée et mirent le feu aux écoles avec des huiles et graisses ; les Capitouls, avec l'aide de 4000 citoyens armés, arrêtèrent environ 120 écoliers qui voulaient mettre le feu dans tous les coins de la ville. L'écolier Trilheton fut pendu devant la porte des Etudes ; d'autres furent brûlés en effigie. Les Capitouls firent reconstruire les Etudes avec tant de magnificence "qu'à présent elles sont les plus belles escoles de chrestienté."
  • 14 mai 1540 - Arrêt du Parlement sur la rébellion des écoliers ; Rouauld, Fernez et Arnaud Gomard seront exécutés en effigie, traînés sur la claie attachée à la queue d'un cheval et brûlés devant la grand'porte des Etudes après avoir fait le cours ordinaire des rues et carrefours ; 1000 livres prélevées sur leurs biens serviront à réparer les bâtiments de l'Université ; le reste sera confisqué au roi ; deux autres sont condamnés à l'amende et au bannissement temporaire ; trois autres à l'amende ; Salvat, prêtre et garde des écoliers ès Etudes en droit est exclu à jamais de toute charge en l'Université ; tous les six assisteront au prononcé du jugement à genoux, aux fers et tête nue. Enfin Pierre Trilheton fera le tour des rues sur un tombereau, la hart au col, et sera pendu devant la porte des études. Les autres seront libérés sous caution.
  • 29 février 1542 - Ordonnance des Capitouls supprimant les jeux de paume et de billard qui sont trop voisins de l'Université et causent le débauchement des écoliers.
  • 16-23 octobre 1550 - Délibération des Etats de Languedoc : les Etats supplieront le roi de constituer une somme de 2000 livres pour les régents des Universités de Toulouse et de Montpellier, soit sur la plus-value de la crue du sel destinée aux gages des Cours souveraines de la province, soit sur le produit des amendes des sénéchaussées, à moins qu'il ne veuille unir un bénéfice dépendant de sa nomination à chacune de ces Universités.
  • 1560 - Récit des agressions et insolences commises par certains séditieux personnages feignant d'être écoliers, portant comme eux le chaperon et allant par bandes armées ; il fallut renforcer le guet et surveiller tous les logis aux environs des Etudes.
  • 7 septembre 1562 - Délibération de l'Université décidant, sur réquisition du syndic de la ville, que tous actes publics et privés seront interdits aux docteurs régents ou non régents qui seront allés ouïr le ministre, auront fréquenté les huguenots ou fourni des subsides au prince de Condé. (NDLR : un "ministre" est ici à comprendre comme un prêtre du culte protestant, et le prince de Condé était un des champions du protestantisme en France. Nous sommes là au début des guerres de religion.)
  • 25 janvier 1565 - Arrêt du Parlement déterminant le cérémonial pour aller saluer le roi Charles IX à son arrivée à Toulouse et déterminant les rang et préséance des membres de l'Université dans le cortège : ils sont placés après les membres du Parlement.
  • 27 avril 1565 - Lettres patentes de Charles IX donnant à l'Université de Toulouse 1200 livres sur le sel vendu annuellement dans le ressort du Parlement et 1000 livres sur le produit des amendes, outre les 2000 livres sur les prélats et bénéficiers de la province.
  • 29 août 1566 - Lettre de M. de Joyeuse à la reine-mère et au roi relatant la querelle entre les écoliers des nations de France et d'Espagne.
  • 11-22 décembre 1566 - Délibération des Etats de Languedoc qui décident que tous les magistrats et docteurs régents de l'Université seront de religion catholique ; ils décident, en outre, de continuer la poursuite commencée devant le Parlement de Paris contre les régents qui se prétendent exempts de taille.
  • 23 octobre 1568 - Lettres patentes de Charles IX déclarant que tous les docteurs régents des Universités devront faire profession de la religion catholique, à peine de privation de leur chaire.
  • 4-30 septembre 1579 - Délibération des Etats de Languedoc : "Attendu que l'ancienne esplandeur des Universitez de Tholose et Montpellier est de beaucoup amoindrie par la négligence des professeurs, il sera faict remontrance au Parlement à ce qu'il lui plaise enjoindre aux docteurs régens de faire lectures assidues, déclarer vacquantes les régences de ceulx qui se sont absentés et interdire aux aultres de s'occuper à la vizite des procès et à faire escriptures sur iceulx, sur peine de privation de leurs régences..."
  • 27 novembre 1590 - Arrêt du Parlement statuant que trois Capitouls au moins devront être licenciés ou docteurs ès lois ; il réforme une élection et nomme trois Capitouls gradués.
  • 3 février-23 mars 1592 - Délibération des Etats de Languedoc : le recteur de l'Université de Toulouse prie l'assemblée d'ordonner comme l'an passé le payement de 400 écus à l'Université, "ce quy auroit sy bien réussy que les leçons en auroient esté de beaucoup plus fréquentées et chacun se seroit sy bien employé en sa charge qu'il abonde des escholiers de toutes parts."
  • 9 novembre 1594-25 janvier 1595 - Délibération des Etats de Languedoc : Guill. de Maran, régent en droit, délégué vers le Pape, ayant été pris en chemin par les Turcs, fait rapport "des grandes peines qu'il a souffertes pendant son esclavitude" et demande une indemnité. Autre délibération accordant à l'Université de Toulouse une subvention de 400 écus.
  • 21 novembre-30 mars 1596 - Délibération des Etats de Languedoc supprimant à l'Université sa pension de 400 écus, parce que, la paix étant rétablie, l'Université pourra recouvrer la crue de deux deniers mise sur le sel de tous les greniers de Languedoc.
  • 29 avril 1596 - Délibération des Capitouls interdisant aux écoliers de porter des armes et de former des nations, à la suite de la rixe provoquée par les écoliers de Gascogne qui avaient pris leurs manteaux aux collégiats de l'Esquile sous prétexte d'exiger des bienvenues. (NDLR : il semblerait que ces "bienvenues" soient une sorte de racket, déguisé en coutume, aux dépens des nouveaux arrivants.)
  • 13-30 décembre 1596 - Délibération des Etats de Languedoc : "D'autant que l'Université de Tholose ne prend que deux deniers par quintal [de sel], qu'est peu de cas, eu esgard que ladite Université est l'une des plus célèbres et florissantes de l'Europe, laquelle toutesfois s'anéantist peu à peu pour n'avoir les docteurs régens esmolumens suffisans" ; les deux deniers sont portés à douze, dont six aux docteurs régents et six aux professeurs de théologie qui sont établis "principalement pour instruire les cas de conscience et des controverses de la religion, comme sera advisé par Mgr le cardinal de Joyeuse".
  • 28 avril 1597 - Arrêt du Parlement interdisant aux écoliers de porter des armes et de former des nations, sous peine de perdre leur privilège de scolarité ; il ordonne aux Capitouls de saisir au corps ceux qui acceptent des charges de prieurs et sous-prieurs de nations ; les recteur et régents devront leur refuser les certificats de temps d'études et les logeurs ne devront pas les recevoir.
  • 4 juillet 1598 - Délibération des Capitouls en laquelle les régents en canon et civil demandent que la ville leur assigne des gages, ainsi que cela existe en d'autres Universités ; le recteur Cabot décrit la situation lamentable des professeurs qui s'occupent aux procès pour entretenir leurs familles ; les gages du roi sont réduits à cinq, les prélats refusant de payer leur pension ; les régences restent vacantes pendant plusieurs années, les hommes éminents, Cujas, Grégoire, du Faur, vont enseigner à Cahors, à Pont-à-Mousson ou ailleurs. Les Capitouls repoussent la demande ; mais comme la question intéresse tout le pays de Languedoc, il est décidé que la requête sera présentée aux prochains Etats pour que le pays tout entier supporte les charges de ces gages.
  • 23 avril-29 mai 1599 - Délibération des Etats de Languedoc : sur la remontrance de M. Cabot, régent en droit, il sera pourvu aux émoluments des docteurs régents de l'Université quand on répartira la crue affectée, "à condition que les susdits vacqueront plus assiduement en leurs charges et feront que par leurs dilligences ladite Université puisse estre remise en son premier lustre et splendeur et les escholiers retirés de tant de débauches qu'ils commettent".
  • 23 décembre 1599 - Arrêt du Parlement bannissant de Toulouse pour cinq ans les prieurs des nations de Bourgogne et de Languedoc ; condamnant un étudiant à 50 écus d'amende pour port d'armes ; ordonnant d'instruire contre plusieurs autres ; enjoignant aux Capitouls de saisir au corps les contrevenants de jour et de nuit.
  • 2 juin 1601 - Arrêt du Parlement en exécution de l'arrêt du 26 mars 1599 validant la saisie des chevaux de l'évêque de Castres pour assurer le paiement de la pension due par lui à l'Université.
  • 21 juin 1602 - Arrêt du Parlement interdisant aux écoliers de porter des armes, à peine d'être pendus ou étranglés ; il sera planté une potence à cet effet dans la rue de la Pomme.
  • 20 mars 1603 - Les écoliers multiplient leurs excès et exigent les bienvenues même des étrangers non écoliers. Certains gentilhommes allemands, visitant la ville, allèrent aux Ecoles de droit et furent arrêtés par des écoliers de Bourgogne et de Lorraine, qui exigèrent d'eux la bienvenue ; un Capitoul alla aux Etudes avec le guet et y trouva le recteur de Maran et deux ou trois cents écoliers armés. Le Parlement donna ordre de saisir les chefs des nations et d'informer sur le vol commis contre les Allemands ; mais les Capitouls ayant perquisitionné dans les logis ne purent saisir aucun Bourguignon et s'emparèrent seulement de deux Lorrains qu'ils durent élargir faute de charges.
  • Novembre 1603 - Nouvelle insolence des écoliers touchant les bienvenues ; le sénéchal du Puy se trouvant à vêpres en l'église Saint-Sernin, les écoliers de France et de Languedoc lui réclamèrent la bienvenue ; les chanoines accoururent pour réprimer le scandale ; les Capitouls prévenus arrivèrent, mais les écoliers s'enfuirent et on n'en put saisir aucun.
  • 5 décembre 1603 - Arrêt du Parlement interdisant le port d'armes aux écoliers ; 1500 livres d'amende aux logeurs qui recevront les écoliers armés et ne les dénonceront pas ; défense aux étudiants d'aller dans les logis où descendent les étrangers pour exiger d'eux la bienvenue.
  • 19 juillet 1604 - Deux écoliers de Champagne, Claude de Rousselet et Jean Firmin, sont condamnés par sentence des capitouls à faire amende honorable ; Rousselet est condamné à mort pour meurtre de M. Céléry, Capitoul, tué sur la place Saint-Etienne pendant qu'il réprimait des troubles causés par les écoliers. Le Parlement réforme la sentence, condamne Rousselet au bannissement et dit qu'il fera amende honorable en chemise en la grand'salle d'audience.
  • 26 avril 1607 - Quatre cents écoliers en armes se trouvant aux Etudes prêts à se battre pour une élection de prieurs de nations, les Capitouls usent de stratagèmes pour éviter des désordres ; ils réunissent tout le guet à la maison de ville et font dire aux écoliers par le recteur et les docteurs régents que deux mille hommes d'armes vont les assiéger. Les écoliers effrayés envoient les régents dire aux Capitouls qu'ils consentent à déposer les armes.
  • 23 janvier 1609 - Arrêt du Parlement déclarant que, en présence des meurtres qui se commettent journellement à Toulouse, il est interdit aux écoliers de sortir après neuf heures du soir, de porter des armes à feu, épées ou dagues, et de courir les bals ; des potences seront plantées à certains carrefours pour modérer les insolences des écoliers ; défense à tous armuriers, quincailliers, fourbisseurs de leur vendre, louer ou prêter des armes soit directement, soit par personnes interposées, à peine de confiscation et de 500 livres d'amende.
  • 19 janvier 1611 - Les écoliers s'étant assemblés aux Etudes pour organiser une vengeance contre quelques gentilhommes qui avaient attaqué certains d'entre eux, les Capitouls réussirent à les calmer et promirent de prendre leur cause en main.
  • 8 avril 1611 - Deux écoliers, Imbert et Claverie, s'étant battus aux Etudes pour être prieur de la nation de Languedoc et ayant provoqué des troubles graves, les Capitouls arrivèrent avec le guet ; mais, sur les conseils du Parlement, on attendit la nuit pour se saisir des auteurs du désordre auxquels s'était joint un nommé Laubersac, fils d'un tondeur de draps, se prétendant écolier. Par arrêt du 14 mai, deux écoliers, Aignan et Boitel, sont bannis pour cinq ans, et Laubersac est condamné aux galères pour dix ans ; tous devront faire amende honorable à la maison de ville et à l'église Saint-Sernin, en chemise, une torche de cire ardente à la main, la hart au col. Le 10, Laubersac avait fait amende honorable pour avoir tenté de s'évader ; l'exécuteur de la haute justice lui fit faire trois tours le long de la basse-cour du Palais le fustigeant jusqu'au sang.
  • 8 août 1623 - Nouvel arrêt du Parlement sur l'affaire des Jésuites ; les Universités seules et leurs recteurs ont le droit de délivrer des testimoniales et des lettres de baccalauréat, de licence et de maîtrise ès arts ; cependant depuis quelque temps, les Jésuites expédient de ces titres en parchemin dans leurs Collèges, ce qui tendrait bientôt à détruire les Universités ; il leur est interdit désormais de délivrer de tels titres en parchemin, avec sceau, comme les Universités, à peine de nullité ; il est interdit à ceux qui les ont obtenus de prendre le titre de gradué, à peine de faux.
  • 22 mai 1624 - Délibération des Etats de Languedoc. Rapport de l'évêque de Lavaur. L'Université de Toulouse a obtenu de Charles IX 5000 livres annuelles : 1000 sur les amendes, 2000 sur le sel, 2000 sur les prélats du ressort de la cour ; en 1599, le sieur Cabot, régent, obtint de porter de deux à vingt-deux les deniers sur chaque quintal de sel à prendre sur la crue de six sols affectés aux Universités et Collèges, moyennant quoi les prélats seraient libres de toute pension.
  • 10 octobre 1624 - Arrêt du Grand Conseil du roi portant exemption de tout impôt pour le membres de l'Université de Toulouse ; il annule les cotisations pour frais d'entrée du roi et pour les deniers extraordinaires de guerre établis par les Capitouls à l'encontre des docteurs régents.
  • 20 février 1627 - Délibération des Capitouls où il est annoncé que Me de La Coste, recteur de l'Université, recevant de grands avantages de l'Université de Cahors, songerait à quitter Toulouse, que cet état d'esprit est celui de plusieurs professeurs ; on demande à la ville, non d'augmenter les gages, mais de prendre quelques mesures pour relever l'Université, notamment de lui adjoindre le collège de Narbonne, qui est en pleine décadence et dont les bâtiments serviront à loger M. de La Coste.
  • 2 mars-23 juin 1628 - Délibération des Etats de Languedoc accordant un secours pécuniaire à de pauvres Irlandais catholiques, étudiants à l'Université de Toulouse.
  • 4 janvier 1629 - Arrêt du Conseil d'Etat sur les plaintes adressées au roi par l'archevêque de Toulouse, qui est troublé par le premier président et autres gens du Parlement dans son droit de présider aux disputes et actes de l'Université ; l'arrêt détermine les droits et préséances de l'archevêque dans l'ouverture des Etudes, les salutations et remerciements faits aux actes en Universités et collèges, etc...
  • 27 avril-2 août 1629 - Délibération des Etats de Languedoc : on demandera que la crue de six sols sur le sel, affectée aux Universités et collèges de la province, soit affectée tout entière aux gages des régents de l'Université de Toulouse qui, faute d'émoluments suffisants, sont contraints d'abandonner leurs chaires.
  • 10 octobre 1629 - Mémoire préparé pour les députés de la ville à la cour de France, exposant l'état lamentable de la ville après l'épidémie de peste et signalant que l'Université qui appelait la jeunesse de toutes les provinces est désertée.
  • 13 février 1630 - Lettres patentes de Louis XIII portant exemption de droits en faveur de l'Université de Toulouse.
  • 12 août 1632 - Lettres patentes de Louis XIII confirmant les exemptions d'impôts accordées aux docteurs régents de l'Université de Toulouse, notamment en ce qui concerne les cotisations établies par les Capitouls pour frais de peste et maladies contagieuses.
  • 31 janvier 1643 - Arrêt du Parlement interdisant de donner aucun bal de nuit, ni sérénades, et défendant aux écoliers et collégiats de courir dans la ville après huit heures du soir.
  • 30 juillet 1648 - Déclaration de l'Université déterminant les droits que les bedeaux exigeront des candidats aux grades et leur interdisant de recevoir d'eux des gants et dragées.
  • 20 mars 1649 - Délibération de l'Université accordant aux bedeaux le droit de recevoir des gants et dragées de chaque bachelier, licencié et docteur en droit quand les professeurs en recevront.
  • 24 octobre 1650-24 janvier 1651 - Délibération des Etats de Languedoc demandant la suppression de la pension de 2000 livres due à l'Université par les prélats de la province, parce que la crue du sel remplace cette taxe et qu'on ne peut imposer un tel subside aux prélats que de leur consentement.
  • Décembre 1657 - Ordonnance de Louis XIV confirmant l'exemption de tout impôt pour les docteurs régents de l'Université de Toulouse, afin qu'elle tienne dignement son rang non seulement en France mais en Europe.
  • 29 décembre 1659 - Arrêt du Conseil du roi condamnant les prélats et bénéficiers de Languedoc à payer à l'Université de Toulouse sa pension annuelle de 2000 livres.
  • 23 janvier 1665 - Procuration donnée au nom de l'Université à Bernard Duverger, régent en droit, par Jacques de Maran, régent en droit et recteur, pour aller s'entretenir avec M. de Bezons, intendant de la province, des différends avec les prélats de Languedoc sur la rente due à l'Université, avec mandat de s'entendre à l'amiable si possible.
  • 8 janvier 1666 - Arrêt du Conseil du roi entre l'Université de Toulouse et les agents du clergé de France : l'évêque de Rieux et les autres prélats du Languedoc sont condamnés à payer à l'Université sa pension annuelle, bien qu'ils invoquent qu'elle a été établie sans leur assentiment et n'a pas été homologuée en cour de Rome.
  • 5 avril 1666 - Arrêt du Parlement déterminant les préséances des recteur et régents de l'Université sur le juge mage et les autres officiers du présidial, en toutes assemblées publiques.
  • 24 octobre 1667 - Arrêt du Conseil d'Etat mandant à l'archevêque de Toulouse, à l'évêque de Montpellier et à MM. de Bezons et Tubeuf, intendants de Languedoc, de donner leur avis sur les moyens de réformer les Universités de Toulouse et de Montpellier ; interdiction est faite au recteur et aux docteurs régents de délivrer des grades, à peine de de nullité et d'amende, jusqu'à ce que ces abus seront réformés.
  • 23 mars 1680 - Arrêt du Conseil d'Etat sur la réformation des Etudes de droit, portant établissement des docteurs agrégés dans les Facultés de droit du royaume, réglementant leurs droits et fonctions et les dispositions à prendre pour l'enseignement du droit français.
  • Avril 1681 - Lettres patentes de Louis XIV ordonnant l'incorporation du collège des Jésuites à l'Université de Toulouse.
  • 27 mars 1683 - Délibération du Conseil de ville décidant la construction d'un mur entre l'Université et l'abbaye des Salenques pour empêcher les insultes des écoliers et éviter qu'ils ne sautent dans le jardin de l'abbaye.
  • 14 décembre 1683 - Arrêt du Conseil d'Etat réglant les émoluments, droits et prérogatives du professeur en droit français et lui accordant les mêmes droits que ceux dont jouissent les professeurs de droit civil et canon.
  • 16 décembre 1683 - Arrêt du Conseil du roi ordonnant qu'il soit passé outre aux disputes pour les chaires vacantes en la Faculté de droit et qu'il soit procédé immédiatement à l'élection, afin que, étant donné l'affluence considérable des écoliers depuis la réformation de l'Université de Toulouse, les études n'aient point à souffrir.
  • Avril 1684 - Edit du roi enjoignant de porter des habits décents et convenables aux officiers de justice et aux écoliers qui étudient en droit à l'Université de Toulouse ; il est interdit à ces derniers de porter des épées.
  • 21 mai 1691 - Arrêt du Conseil du roi entre les professeurs de la Faculté de droit et ceux des autres Facultés, maintenant le privilège de la Faculté de droit dans l'attribution du rectorat et la répartition traditionnelle des 6000 livres sur les salins de Languedoc et des 2000 livres sur le clergé de la province.
  • 9 décembre 1702 - Arrêt du Parlement en exécution de l'édit d'avril 1684 concernant le port d'armes ; interdiction aux écoliers des Universités de Toulouse, Montpellier et Cahors de porter des épées en ville et dans les écoles, de faire du tumulte pendant les lectures ; ordre d'y assister en silence et avec modestie et de porter aux professeurs régents et aux agrégés le respect requis.
  • Janvier 1716 - Protestation adressée aux Capitouls par plusieurs professeurs, contre une délibération de l'Université qui était hostile à la réunion du collège de l'Esquile à l'Université.
  • 29 janvier 1717 - Délibération de la Faculté de droit : lecture d'une lettre du chancelier déclarant que Sa Majesté autorise l'inscription du sieur de Rabaudy, bien qu'il n'ait que quatorze ans. Réponse de la Faculté : ces inscriptions prématurées ne comptent pas pour les grades, mais sont reçues volontiers, car il n'est jamais trop tôt pour commencer l'étude du droit "puisqu'un grand interprête souhaitait qu'on peut le sucer avec la mamelle".
  • 30 août 1717 - Lettres patentes enregistrées au Parlement le 19 portant union du collège de l'Esquile à l'Université de Toulouse.
  • Janvier-mars 1722 - Délibération des Etats de Languedoc : on appuiera la requête des Universités de la province qui s'opposent à la création d'une nouvelle Université dans le pays de Béarn.
  • 15 août 1723 - Délibération de l'Université de Cahors portant que le recteur joindra ses démarches à celles des recteurs des Universités de Toulouse et de Bordeaux pour s'opposer à la création de deux Universités à Pau et à Dijon.
  • 14 mai 1724 - Déclaration royale portant en son article 13 que les grades ne seront donnés dans les Universités que sur certificat du curé établissant bonne vie et moeurs et pratique de la religion de la part du candidat
  • 19 juin 1725 - Délibération des Capitouls décidant qu'à l'avenir les professeurs et suppôts de l'Université payeront tailles entières pour leurs maisons à raison de la déclaration de 1684 qui supprime leurs privilèges ; ils nomment des commissaires pour savoir s'il faut leur demander payement des vingt-neuf dernières années.
  • 29 septembre 1725 - Mémoire pour les professeurs de l'Université de Toulouse demandant l'exécution d'un arrêt du conseil du roi du 8 août 1641 qui, après avoir supprimé l'exemption de tailles pour les membres de l'Université, les remplace par une pension que les Capitouls n'ont pas encore payée.
  • 3 janvier 1732 - Arrêt du Parlement déterminant la procédure à suivre dans les disputes aux examens pour les Universités de Toulouse, Montpellier et Cahors. Le candidat qui aura commencé de disputer cessera son argumentation dès injonction du recteur, modérateur-né des disputes ; le suivant argumentera alors sans que son compétiteur ni aucun autre ne le puisse troubler en causant scandale dans la salle ou en frappant des pieds ou des mains.
  • 14 décembre 1736 - Délibération des Capitouls rejetant la demande des professeurs de l'Université sur l'indemnité qu'ils voudraient obtenir pour le montant de leurs tailles.
  • 24 juin 1737 - Arrêt du Parlement réglementant les préséances entre les Capitouls, les officiers du sénéchal et les membres de l'Université.
  • Février 1744 - Complot d'étudiants qui, croyant avoir à se plaindre de comédiens, veulent mettre l'interdit sur le théâtre jusqu'à ce qu'on leur ait fait des excuses. Placards affichés par eux à cette occasion. Procès-verbaux d'enquête, interrogatoire de plusieurs étudiants et lettre de l'intendant Lenain sur cette affaire. Ordonnance des Capitouls pour interdire aux écoliers de s'attrouper et de porter des armes, à peine des galères. Réponse par le placard ironique des étudiants : "Arrest du Conseil souverain de MM. les Etudiants de Toulouse qui casse et révoque l'ordonnance des Capitouls du 11 février. Du 12 février 1744."
  • Mai 1751 - Edit du roi portant réunion de l'Université de Cahors à celle de Toulouse.
  • 23 décembre 1751 - Arrêt du Parlement annulant les actes d'opposition faits par l'évêque, les syndics de l'Université et des collèges de Cahors contre l'édit prescrivant l'union de l'Université de Cahors à celle de Toulouse.
  • 23 octobre 1754 - Ordonnance des Capitouls interdisant les jeux de billards près des écoles de l'Université et des collèges ; défense est faite aux revendeurs de fruits et gâteaux de se tenir dans les mêmes lieux.
  • 19 septembre 1756 - Délibération de Conseil de ville relatant que les Capitouls, invités par l'Université à la fête de Saint-Sébastien, trouvèrent que le messe était commencée avant leur arrivée, que les professeurs ne s'étaient pas levés pour aller les recevoir, qu'il n'y avait pas de bancs tapissés pour les assesseurs, que les professeurs avaient deux carreaux pour accoudoir et les Capitouls un seul. Ils décident de ne pas assister à la procession. Ils n'accepteront plus d'invitation à l'avenir.
  • 10 septembre 1775 - Fêtes organisées par l'Université pour célébrer la rentrée du nouveau Parlement : elle fait chanter une messe avec Te Deum, fonde une messe perpétuelle pour célébrer cet événement, cinq cents étudiants se rendent à l'hôtel du président pour lui adresser une harangue et lui offrir une couronne civique. (NDLR : Louis XVI venait de rétablir les parlements supprimés par Louis XV et le chancelier Maupéou en 1771.)
  • 15 mars 1782 - Nomination par la faculté de droit de quatre commissaires pour prier les Capitouls de réparer et même reconstruire les écoles de droit de Toulouse qui tombent en ruine.
  • 4 avril 1783 - Ordonnance des Capitouls interdisant aux billardiers de s'établir près des diverses Facultés de l'Université et du collège royal de l'Esquile. Il est interdit aux acteurs et actrices d'aller dans les classes pendant les leçons pour inviter les étudiants à aller aux représentations.
  • 31 juillet et 2 août 1784 - Ordonnances des Capitouls donnant divers ordres de police à propos de l'ascension du ballon aérostatique lancé par le sieur Duvernai dans le préau de l'Université.
  • 3 février 1785 - Délibération de la Faculté de droit nommant des commissaires pour prier les Capitouls de reconstruire les écoles de droit, qui menacent ruine à tel point que les professeurs ont dû abandonner les classes devenues inhabitables ; il n'y a plus actuellement qu'une seule classe pour six professurs.
  • 19 avril 1785 - Délibération du Conseil de ville rejetant la demande en reconstruction des bâtiments de l'Université comme n'incombant pas à la ville seule ; il décide seulement d'effectuer les réparations les plus urgentes aux bâtiments de la Faculté de droit à concurrence de 4000 livres 16 sols.
  • 16 septembre 1786 - Délibération de la Faculté de droit chargeant M. Delort fils, allant à Paris, de se plaindre que les Capitouls refusent la reconstruction des écoles de droit et se contentent d'étayer les murs.
  • 12 janvier 1789 - Délibération de la Faculté de droit refusant de s'associer aux Capitouls pour protester contre la constitution des Etats de Languedoc et décidant que l'Université enverra une protestation indépendante de celle de la ville.