La cathédrale Saint-Etienne

Sans cesse remaniée depuis le XIème siècle, la cathédrale Saint-Etienne pourrait être surnommée « la cathédrale inachevée ».

C'est comme si les évêques de Toulouse, toujours insatisfaits, toujours trop ambitieux, et jamais assez en fonds, avaient vainement cherché à rivaliser avec la basilique Saint-Sernin ou le couvent des Jacobins, sans parvenir à approcher l'harmonieux équilibre de l'une ni l'audace architecturale de l'autre.

Mais c'est aussi ce qui fait son charme, une telle diversité de style dans un même édifice n'est pas commune. Son choeur gothique est deux fois plus large et nettement plus haut que sa nef romane, et décalé qui plus est, de sorte que l'allée centrale est en ligne brisée. Quant au clocher, il est tellement atypique qu'on se demande ce qui l'a inspiré.


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Derrière le portail se trouve la nef dite raymondine (car datant de l'époque des comtes Raymond). Présentée parfois comme une nef romane, elle ne l'est en fait qu'à moitié puisque sa partie haute est d'un style gothique encore naissant, ce que l'on peut constater aux arcs brisés très peu prononcés.

Derrière elle se trouve un choeur gothique ayant beaucoup plus d'ampleur, dont la construction a commencé peu après le rattachement du comté de Toulouse à la couronne de France, vers 1270. De l'ampleur, la cathédrale devait en avoir encore bien davantage car il était prévu d'en faire l'équivalent des plus grandes cathédrales de l'époque, aussi grandiose que celles de Reims ou d'Amiens, dans le style gothique de l'Île-de-France (et non dans le style du gothique languedocien). En commençant par le choeur, qui devait être nettement plus haut que l'actuel, les bâtisseurs avaient prévu de détruire au fur et à mesure de l'avancement des travaux cette nef raymondine plus ancienne et modeste.

Mais patatras, voilà qu'en 1295 le pape décida de démembrer le vaste évêché de Toulouse pour en former plusieurs diocèses. Il semble qu'il ait alors considéré que l'évêque de Toulouse avait un trop vaste territoire pour l'administrer efficacement et que cela avait été une des causes du succès rencontré par l'hérésie cathare dans la région.

Dès lors n'ayant plus les ressources financières suffisantes pour poursuivre leur projet, les évêques successifs de Toulouse durent revoir à la baisse leurs ambitions. Le grand choeur gothique fut raccordé tant bien que mal à la vieille nef raymondine, laquelle n'était pas dans le même axe, ce qui nous vaut cet étrange "coude" au beau milieu de la cathédrale.

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La chaire à prêcher située dans la nef raymondine est intéressante à plus d'un titre. Datant de 1842, elle est un exemple du travail d'Auguste Virebent sur lequel nous nous attarderons dans la rubrique "Les décors en terre cuite". Cette composition en marbre et terre cuite reproduit quelques décors fameux : d'abord les atlantes de l'hôtel de ville de Toulon dus au ciseau de Pierre Puget (1651), puis la cuve des vertus du tombeau d'Armand de Gontaut à Biron (XVIème siècle), enfin sur le cul-de-lampe un décor d'une tourelle de l'hôtel de Felzin de Toulouse :
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Au plafond de la nef raymondine, cette clé d'arc est la toute première représentation sculptée de la croix des comtes de Toulouse (début XIIIème siècle) :
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La cathédrale possède de magnifiques stalles en bois du début du 17ème siècle qui ont servi de modèle dans tout le Midi de la France :
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La cathédrale possède une trentaine de riches tapisseries du XVIIème siècle relatant la vie de saint Etienne avec force détails colorés, pour des raisons de conservation elles ne sont malheureusement pas souvent exposées :
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Le très beau et monumental retable figurant la lapidation de Saint Etienne est l'oeuvre du sculpteur Gervais Drouet (1667 à 1670) :
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Dans le style du gothique d'Île-de-France, les puissants contreforts furent dimensionnés pour contrebuter une voûte de plus de 40 mètres de hauteur. Pour les raisons que l'on a vues cette hauteur ne put jamais être atteinte (elle est de 28 mètres) :
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